A godillot, godillot et demi…

Avant toute chose je tiens à assurer ma collègue Laurianne Rossi de tout mon soutien et je lui souhaite de très vite se remettre de cette agression indigne de notre démocratie.

Décidément, « godillot » est devenu une insulte à la mode tant elle est facile à répéter à longueur de séances par des députés d’opposition aux abois. Ultime avatar de cette pensée binaire de l’ancien monde politique, l’insulte participe de cette volonté acharnée de décrédibiliser les députés d’une majorité qui agit et qui, chose inhabituelle en politique, reste fidèle aux engagements sur lesquels elle a été élue.

Un député LREM qui vote pour le projet de loi d’habilitation à légiférer par ordonnances sur le travail, engagement de campagne du président Macron, est un godillot. Un député LREM qui défend la loi sur la moralisation de la vie politique, et refuse les amendements qui dénaturent la loi pour, à dessein, la rendre inapplicable, est un godillot. Pour ma part, je ne fais que respecter les engagements du Président de la République, que j’ai fait miens lors de la campagne législatives.

Mais qui dit logique binaire, veut aussi que le même député qui vote avec la majorité de ses camarades un amendement de l’opposition, comme c’est arrivé cette semaine, est aussitôt qualifié de frondeur, par les mêmes qui une minute avant le qualifiait de godillot…

Absurde pensez-vous ? C’est pourtant le pitoyable niveau de l’analyse politique depuis trois semaines. Avec la conséquence de ce matin et l’agression de ma collègue par un primaire-primate, incapable de la moindre analyse.

Oui c’est un jeu, avec des règles d’hier, mais ce n’est qu’un jeu de l’opposition qui faute de vrais arguments n’en a pas trouvé de plus profond que l’insulte, tant il y a bien longtemps que pour cette opposition la fidélité à un engagement et à un programme ne signifie plus grand chose. Combien de fois LR a changé son programme au cours des 6 derniers mois ? Notre tort à leur yeux est donc de ne pas agir comme tous les autres avant nous et de tenir le cap qui a été fixé par le Président Macron. Depuis quand la consistance et la fidélité à ses convictions sont-elles devenues des défauts condamnables au point d’appeler les violences physiques ?

Jeter ainsi en permanence l’opprobre sur les élus de la Nation, pis encore lorsqu’on est soi-même un élu, est une manière dangereuse de contribuer au discrédit de nos institutions et conduit à ce type de conséquences.

Pour ma part, Il n’y aucune grandeur ni aucune indépendance d’esprit à répéter en chœur des insultes parce qu’on est en peine d’arguments et que la ligne de votre parti vous le commande. Pour moi, il n’y a aucune indépendance d’esprit à ramasser ses affaires pour suivre son chef à la queue-leu-leu lorsque celui-ci fait une colère et vous ordonne de quitter l’Hémicycle…

Alors de grâce, que chacun prenne le temps de réfléchir sur ce qui est en train de se jouer et sur la sincérité des acteurs de cette séquence. Peut-être comprendrons-nous que les godillots ne sont pas ceux qu’on pense et que le maniement même de l’insulte en en-soi une forme de conformisme.

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