Tragi-comique ou tragique tout court ?

Quatrième nuit et nouvel épisode d’un psychodrame bien pathétique… Nous avons tous bien compris depuis longtemps déjà que les oppositions ne veulent pas de cette Loi de confiance dans la vie politique. Certains par pur dogmatisme, sous prétexte que lorsqu’on l’on est dans l’opposition, on s’oppose. D’autres parce qu’ils sentent à quel point cette loi ébranle leur vieille pratique de la politique…

Quelles sont donc leurs méthodes ? L’une bien éprouvée est celle de monsieur Mélenchon, qui déteste si viscéralement la défaite, que lorsqu’un scrutin lui est défavorable, il ne peut s’empêcher d’en contester la légitimité, de crier à la manipulation et de brandir la menace… Impression de déjà vu qui a encore franchi un cap cette nuit lorsqu’il a décidé de déposer une demande de scrutin public sur chacun des 340 amendements restant à examiner par l’Assemblée. La conséquence ? Sur l’issue du vote : aucune. Sur la durée des débats : des heures et des heures perdues. Chaque scrutin demandant une attente de 5 minutes entre l’annonce du vote et le vote effectif…

Pris dans ses propres filets, comme à son habitude, il tonne, s’emporte, surjoue la colère et hurle au déni de démocratie. – encore lui !- avant de quitter la séance avec ses apôtres en file indienne, fixant le bout de leurs chaussures tant eux-mêmes sont embarrassés par tant d’excès. « Send in the clowns ! » diraient les Américains, sauf qu’ici les clowns sortent.

Dans le camp d’en face, la stratégie est tout autre mais tout aussi fidèle à elle même : sauter sur la moindre occasion pour créer un incident de séance. Il est vrai que nos quelques hésitations d’impétrants peuvent les tenter. Mais c’est bien là le symptôme d’une volonté de faire comme on a toujours fait : en empêchant de faire.

Le point de départ de tout ce désordre ? Un amendement rejeté. Que prévoyait-il ? De remplacer la notion de « délai raisonnable » dans lequel un établissement bancaire doit accepter ou refuser un prêt pour le financement d’une campagne, par la notion de « délai d’un mois ». Pourquoi l’avons-nous refusé ? Pour une raison évidente. Le délai d’un mois peut dans certains cas dépasser la durée de la campagne électorale d’un candidat. J’en suis un exemple ; investi le 11 mai pour une élection un mois plus tard. Le délai raisonnable, lui, est appréciable en fonction du contexte particulier de la campagne à financer…

Fallait-il quitter l’Hémicycle en hurlant à la mort de la démocratie ?
Fallait multiplier les incidents de séances pour finalement capituler à 1h45 du matin ?

Ou faut-il simplement respecter un de nos engagements de campagne et se donner les moyens de mettre un terme aux pratiques de quelques-uns en allant au bout de cette loi ?

Une chose en revanche est certaine et apparait comme une évidence au milieu de ce débat houleux, souvent douteux, une personne a été exemplaire à chaque minute, la Garde des Sceaux Nicole Belloubet, cela mérite d’être souligné.

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